Valéry Giscard d'Estaing ou comment rater son buzz
Jan | jeudi 1 octobre 2009 | #52
Ne dites plus "Mon plan de communication a échoué". Vivez avec votre temps, dites "J'ai giscardisé mon buzz".
Les gourous du marketing, relayés par une cohorte de vendeurs de vent incapables d'utiliser leurs cerveaux à autre chose qu'à nous rabâcher les homélies pré-digérées ailleurs, étaient pourtant formels: le "buzz" était tout. Un must. L'arme absolue de la communication moderne. La clé du succès... et de la fortune.
Il est vrai qu'un bon buzz
, bien orchestré, déclenche immédiatement intérêt et curiosité. Comme Ségolène nous le prouvait récemment, appliqué à un site internet ou à un blog, un buzz permet de faire exploser ponctuellement le trafic et, avantage plus durable, de multiplier les backlinks.
Pourtant, le buzz n'est pas tout. Les ventes catastrophiques du dernier livre de Valèry Giscard d'Estaing démontrent combien sa gestion est délicate, et s'avère au moins aussi importante que son lancement.
Buzzer n'est pas vendre
Pépère avait pourtant frappé fort. A l'occasion de la sortie de son livre "La Princesse et le Président", la rumeur se répandait comme une trainée de poudre dans le bureau d'un animateur de France 2: à l'instar de la moitié des gardes de Buckingham palace, il avait lui aussi, à son époque, "pécho" Lady Di.
Joli coup! (non, je ne parle pas de la princesse de Galles, mais bien du buzz de VGE). Et pourtant le bouquin de VGE ne se vend pas.
Ce flop, à première vue surprenant, s'explique par une gestion désastreuse du buzz. Gestion dans laquelle l'ancien Président de la République allait se révéler aussi pitoyable que dans la mise en scène de son départ de l'Elysée ponctué du mémorable "Au re-voir" sur fond de chaise vide en 1981.
Buzz, chair fraîche et viande froide
Examinons d'abord l'objet du buzz. Certes Lady Di est universellement connue pour avoir été une sacrée cochonne sa vie amoureuse tumultueuse qui a permis, en son temps, aux journaux people de vendre plus de papier que n'a pu le faire Carrefour pendant la dernière épidémie de gastro.
Mais aujourd'hui Lady Di a un gros défaut: elle est morte depuis 12 ans. S'il avait pris soin de nous consulter avant d'écrire son roman, nous aurions évidemment conseillé à Giscard de faire son buzz autour d'un personnage un peu plus d'actualité. Par exemple - et quitte à faire dans le glauque - que Carla B. l'avait gratifié d'une gâterie dans les toilettes de l'Elysée pendant la dernière garden party du 14 juillet. C'est tout de suite beaucoup plus moderne... et vendeur 
L'auteur se dégonfle, le buzz en fait autant
Au delà du choix contestable de l'objet de son buzz, Giscard allait se tirer lui-même la balle fatidique dans le pied.
Alors que le buzz enflait, mais sans doute pressé par Maman qui menaçait de ne pas l'accompagner au prochain pince-fesses du Rotary Club, il affirmait avoir... "inventé les faits" (prouvant par là même que Lady Di les aimait "toutes petites")
Le coup fatal était porté au buzz. Giscard venait de le tuer, et de tuer son bouquin du même coup.
Les €$poirs de vente de l'éditeur du livre de VGE s'envolaient. Du coup, Fixo s'est bien juré qu'on ne le reprendrait plus à recruter ses auteurs en maison de retraite.
Quant à VGE, après avoir connu successivement la mort politique et la mort médiatique, il est mort en littérature.
Tout ça pour un buzz mal orchestré 
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